
Une journée historique : 130 élus rassemblés en session inter-Chambres d'agriculture de Picardie
Le 9 septembre 2011 marque une journée exceptionnelle dans l’histoire des Chambres d’Agriculture de Picardie. Illustrant parfaitement l’esprit de synergie, de complémentarité et d’entente des trois entités consulaires picardes, chaque chambre a tenu son assemblée plénière, en matinée, sur le site amiénois. L’après-midi était consacré à la session inter-chambres régionale. Cette première en Picardie a permis de mesurer la motivation et l’intérêt des départements pour des actions communes.
« Vous êtes bons. Vous êtes très bons » Le satisfecit délivré par le Préfet de Région, Michel Delpuech, en dit long sur la qualité du travail fourni par le monde agricole ces dernières années. Force majeure de la Picardie, l’agriculture, comme bien d’autres domaines moteur de la région, a été confrontée à la nécessité de moderniser et de faire évoluer ses services. Dans son intervention, devant une salle bondée, le président de la Chambre Régionale d’Agriculture de Picardie (CRAP), Hubert Duez, a d’ailleurs souligné l’importance d’évoluer pour assurer l’avenir des institutions consulaires. En présence des présidents de Chambres départementales, il a détaillé les trois axes primordiaux qui portent cette mutation : concertation, conviction et explication. « Cette pédagogie », comme la qualifie le Préfet de Région, permet d’aborder de façon calme, efficace et juste, la réorganisation de la gouvernance, l’évolution des finances publiques et la mutualisation des fonctions supports des chambres picardes.
« Pas une agriculture mais des mondes ruraux »
Aujourd’hui, ce chantier de réorganisation est engagé. Cependant, il reste encore beaucoup à structurer car les services des chambres ont à apporter une aide, un conseil et un appui personnalisé à chaque cas. « Il n’y a pas une agriculture. Nous avons affaire à des agriculteurs et des mondes ruraux qui impliquent des stratégies et des orientations différentes et spécifiques », rappelle le président Duez. Valeurs ajoutées, évolution des marchés, nouveaux marchés, services, enjeux territoriaux, nouveaux besoins… A chaque agriculteur correspond une demande spécifique. « La demande en conseils est de plus en plus pointue et de plus en plus précise », poursuit le président. Et d’en conclure qu’un département n’a pas la possibilité, à lui seul, d’être pointu, dans tous les domaines, constamment ». Le bon sens apporte un bouquet de solutions : la mutualisation des moyens, y compris pour répondre à de nouvelles missions, et la recherche de nouvelles voies de financement, impliquant notamment la réponse à des appels à projet.
Depuis 2006, la dimension régionale est montée en puissance dans l’organisation des programmes d’action et dans le financement. Cette dynamique va encore se renforcer comme le confirme Luc Delas, le directeur de la CRAP : « Il y a un vrai besoin de s’organiser en amont pour répondre aux propositions. Nous devons être prêts à prendre des risques, nous devons revoir nos façons de travailler, monter une stratégie d’innovation, renforcer les binômes référents-chef de projet, préciser pour chaque département, en collaboration avec la région, les moyens et les objectifs. Cette dynamique passe aussi par le travail en réseau et par le travail avec les partenaires de l’agriculture ».
Premières synergies
Tous les axes de fonctionnement des chambres d’agriculture sont concernés, à l’image des ressources humaines qui vont intégrer les dimensions départementales mais aussi régionales. Dans certains secteurs, l’effet de cette mutualisation des compétences et des connaissances est déjà visible. Alain Waymel, le directeur de la chambre de la Somme cite ainsi le service comptabilité, la communication ou encore les services informatiques. Le directeur de la chambre de l’Aisne, Philippe Fouilliard, a, pour sa part, souligné l’importance de l’évolution du Fond de Mutualisation Régional (FMR) concerné directement par les conséquences financières du nouveau fonctionnement : « le FMR sert à financer les actions mutualisées. En 2011, 7% du budget des chambres départementales était consacré au FMR. Cette part va continuer de croître et sera de 10% en 2012, soit le triple de la valeur de 2009.
Yvette Autrique, la directrice de la Chambre de l’Oise avait cité les circuits courts parmi les secteurs pouvant bénéficier de la dynamique régionale. La promotion des produits de la ferme pourrait suivre la voie des nombreuses autres thématiques développées à l’échelle régionale comme Ecophyto, l’irrigation, la biodiversité ou encore l’observatoire, références et études économiques… Les chambres picardes unissent leur savoir-faire aujourd’hui dans une vingtaine de domaines. Les résultats présentés lors de cette première session Inter-Chambres prouvent s’il en était besoin, la motivation et l’implication des services dans cette voie d’avenir. Certains signes ne trompent pas quant à l’intérêt des participants. En fin de réunion, les questions ont été nombreuses, portant par exemple sur l’importance de créer un comité d’orientation élevage, ou encore sur le montage financier des prestations d’agents départementaux. Michel Lapointe, en charge de l’observatoire, références et études économiques, estime que « au-delà d’observer et simuler, il faut savoir se projeter ». L’Inter-Chambres d’Agriculture de Picardie suit ce conseil à la lettre. Avec cette première réunion, qui en appelle d’autres, c’est déjà demain qui se concrétise.